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Cet impôt étant rejeté par une très large majorité de la population (70 à 80%, selon les sondages), de nombreux salariés ne travailleront pas le lundi de Pentecôte. Ce sera la pagaille.
Il est possible à tout salarié, même s’il est seul, d’être en grève : tous les salariés sont couverts par le mot d’ordre de grève nationale déposé par la CFTC
Mais il est possible aussi de poser une journée de RTT, de repos compensateur, ou de vacances. Votre chef de service ne peut pas vous le refuser, sauf motif de service.
De nombreuses entreprises, conscientes de l’injustice de la taxe, ont accordé sans contrepartie le lundi de Pentecôte à leurs salariés, assumant financièrement l’injustice qui leur est imposée par le Gouvernement.
L’Education Nationale est assujettie à la taxe Raffarien. Il s’agit de dogmatisme, car l’Education Nationale n’est pas créatrice de richesse industrielle. En donnant des consignes aux Recteurs d’Académie, le Gouvernement a obligé les écoles à ouvrir le lundi de Pentecôte, comme si elles devaient servir de garderies, véritable prise d’otage supprimant la liberté de choix prévue par la loi aux entreprises et au secteur public.
Mais les enfants ne sont pas tenus d’aller à l’école : comme l’a souligné M Léonetti, vice président du groupe UMP, le parti qui a crée cette loi, la loi ne concerne que les salariés majeurs. Mais point a aussi été constaté par la FCPE, fédération des parents d’élèves.
En obligeant les salariés à travailler sans salaire, le Gouvernement s’inscrit dans la définition du travail forcé, principe inacceptable et réprimé par le traité de Nice (Art II-65/2 du Traité de Nice : nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire). Cet impôt bafoue le grand principe “tout travail mérite salaire”. C’est le retour de la corvée.
En basant cet impôt sur le seul effort des salariés, le Gouvernement brise le principe de l’égalité devant l’impôt. Alors qu’il annonce un impôt “de solidarité”, ce sont simplement 40% des contribuables qui payent cet impôt. Il s’agit d’une injustice fiscale indéfendable.
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La CFTC a assigné le Gouvernement pour ces deux motif devant la cour de justice européenne.
Et il y a bien d’autres raisons techniques encore, que vous découvrirez sur cette page.
Personne n’est capable de le dire ! Il aurait été possible, par exemple, de supprimer un jour de RTT, ce qui aurait causé moins de perturbations, ou, ce qui aurait été beaucoup mieux, de discuter honnêtement avec les partenaires sociaux de modifications éventuelles à apporter aux lois qui encadrent la rémunération et la durée du travail.
Mais le Gouvernement Raffarin a décrété, refusant la concertation, refusant le débat sur le temps de travail, et malgré les protestations de très nombreuses personnalités, des professionnels de la santé, des sportifs, des milieux taurins, des milieux associatifs, des économistes, des professionnels du tourisme, de l’Eglise Catholique, d’imposer cette mesure, supprimant les milliers de festivals, tournois sportifs, fêtes en tous genre organisées pendant le WE de la Pentecôte, ainsi que toutes les réunions de famille qu’il permet.
Il s’agit d’une véritable catastrophe sociale et culturelle. Et il y a encore bien d’autres raisons sociales que vous trouverez sur cette page.
Parce que beaucoup ne va pas y aller, et que ce qui est versé d’un côté est retiré de l’autre, selon le bon vieux principe des vases communicants !
Le Gouvernement répête que l’argent collecté par la CNSA va être affecté à des dépenses sociales, mais ne dit jamais que les crédits normalement affectés à ces dépenses par la Sécurité Sociale sont diminués de presque autant !
Prenons l’exemple des dépenses pour les personnes âgées (mais attention, soyez attentif, c’est compliqué !)
Tous les ans, la Sécu prend en charge ces dépenses. Tous les ans, les crédits sont augmentés d’un montant moyen de 320 millions d’euros, ce qui correspond à l’augmentation de la population âgée.
Cette année, la CNSA fournit 365 millions d’euros pour les personnes âgées, tandis que la Sécurité Sociale diminue son effort, ne portant l’augmentation annuelle (l’ONDAM) qu’au chiffre de 420 millions d’euro. L’augmentation nette n’est donc que de 100 millions d’euros !
Sur les deux milliards attendus de la journée de corvée, seuls 100 millions vont vraiment être affectés aux personnes âgées, soit 5%. Dans la journée dite “de solidarité”, il n’y aura que moins d’une demie-heure pour nos anciens, tout le reste part dans d’autres dépenses du budget de l’Etat.
Vous trouverez les détails de cet atrappe-gogo fiscal sur cette page.
C’est bien difficile, parce que M. Raffarin ne veut pas entendre les Français. Il a été jusqu’a faire une campagne de propagande, début mai 2005, pour expliquer que ce n’est pas lui qui se trompe, mais ce sont 80% des Français qui n’ont rien compris ! Cette campagne, coûtant 3 millions d’euros (50.000 journées de smicard), est financée par nos impôts, sans que les opposants à la mesure puissent s’exprimer avec les mêmes moyens, drôle de façon de concevoir la démocratie.
Alors il faut utiliser tous les moyens possibles. En effet, une commission d’évaluation du lundi de Pentecôte est en cours de création. Il s’agit d’un artifice politique, car quand 80% des Français sont opposés à une mesure, nommer une commission de plus pour savoir si la mesure est mauvaise, cela ne s’impose pas ! Napoléon, après Waterloo, n’a pas eu besoin d’une commission d’évaluation ! Mais plus le 16 mai sera une pagaille, et plus cette commission demandera au Premier Ministre d’abroger la loi. Il est donc important que le 16 mai soit une pagaille monstre.
Donc pour les parents, n’envoyez pas vos enfants à l’école. C’est l’appel qu’ont lancé toutes les organisations de parents d’élèves et d’enseignants (FCPE, FSU, UNSA). Pensez si possible à avertir la direction des écoles de l’absence des enfants. Avec vos enfants, le lundi de Pentecôte, allez voir vos grands parents, votre vieille tante, ou votre grand-oncle. Plus que de pognon, c’est d’affection dont nos anciens ont le plus besoin.
Pour les salariés, faites un jour de grève. La grève est un droit constitutionnel, et la grève du lundi de Pentecôte est parfaitement légale. Vous pouvez faire grève sans aucun problème, que vous soyiez dans le privé ou le public, vous êtes couvert par le mot d’ordre national de la CFTC. Aucun papier ne peut être exigé de vous.
Si vous n’osez pas faire grève, par solidarité avec les salariés qui sont en grève et défendent les intérêts de tous, prenez un jour de RTT, un jour de congé, un jour de repos compensateur, bref, arrangez-vous pour ne pas travailler le 16 mai. Vous avez même toutes les raisons du monde d’être malade !...
Et puis, pour tous, signez la pétition des amis du lundi, ou l’une des autres pétitions associées. Avertissez tout votre carnet d’adresse, prévenez tous vos amis, mettez des formulaires papier dans votre entreprise et chez votre boulangère ! Si M Raffarin est sourd comme un pot, il faut faire beaucoup de bruit pour qu’il entende. Vous pouvez écrire à votre Député, et même directement à Jacques Chirac. Et le 16 mai, portez un t-shirt pour défendre le lundi de Pentecôte !

Collectif des Amis du Lundi (CAL) - www.lesamisdulundi.com
Libre reproduction autorisée et souhaitée, avec mention d’origine, merci !
dernière mise à jour de cette page le mercredi 19 mai 2010