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La presse de novembre 2004

puce_little_metal_01Douche froide pour le plan canicule : Le milliard d'euros promis grâce au lundi de Pentecôte travaillé ne sera pas là en 2005.

Matthieu ECOIFFIER, mercredi 24 novembre 2004, Libération

On croyait travailler le prochain lundi de Pentecôte pour les personnes âgées. Une belle idée, vendue il y a tout juste un an par Jean-Pierre Raffarin pour financer son plan «vieillissement et solidarités». «Neuf milliards d'euros sur cinq ans», c'était bien le minimum face aux 15 000 victimes de la canicule, mortes faute d'encadrement. Une manière pour le Premier ministre de faire oublier l'inertie coupable de son gouvernement. Et de conjuguer le retour de la valeur travail avec l'impératif de «solidarité et de fraternité» des Français envers leurs aînés.

Peau de chagrin. Hier, plusieurs professionnels de la prise en charge des personnes âgées ont dénoncé les «artifices comptables» du gouvernement et une politique en peau de chagrin. Ils ont aussi remis les pendules à l'heure : «Les Français vont bien travailler un jour de plus, mais seulement quarante-cinq minutes pour les personnes âgées dépendantes. Aujourd'hui, nous sommes très loin des annonces du Premier ministre qui promettait 9 milliards d'euros, dont une moitié pour les personnes âgées et une autre pour les personnes handicapées», a estimé hier Pascal Champvert, président de l'Adhepa, une association regroupant 1 700 directeurs de maisons de retraite publiques et privées. «Nous sommes dépités, le plan "vieillissement et solidarités" a disparu. La réalité, c'est qu'il n'y aura pas de crédits supplémentaires en 2005 pour les établissements et les services à domicile.»

Pascal Champvert a étudié à la loupe le projet de loi de financement de la Sécu pour 2005. Et s'avoue particulièrement déçu. L'effort supplémentaire pour les personnes âgées ne sera que de 100 millions d'euros. Sans commune mesure avec le milliard d'euros annuel que l'Etat a fait miroiter. A cela va s'ajouter, début 2005, «la disparition brutale de 4 000 à 5 000 emplois-jeunes, puisque le gouvernement a refusé de les prolonger. Pour les compenser il faudrait 170 millions d'euros. 2005 sera donc une année de recul de l'emploi», a précisé Gérard Jouber, de l'Adhepa. Ces emplois-jeunes étant occupés à l'accompagnement et à l'animation, cela promet une plus grande solitude aux personnes âgées.

Dans le détail, Luc Broussy, délégué général du Synerpa, qui regroupe 1 500 maisons de retraites privées, préfère dénoncer «un tour de passe-passe». «Avant la canicule, l'Etat mettait au pot environ 300 millions d'euros de crédits supplémentaires par an. En 2005, le revenu tiré de la caisse "jour férie" est venu en partie se substituer à l'effort que faisait le gouvernement : sur un budget total de 425 millions d'euros, l'assurance maladie ne met plus que 200 millions.» Cette économie est destinée à renflouer les caisses de la Sécu. «Le lundi de Pentecôte, on travaillera donc le matin pour les personnes handicapées, la moitié de l'après-midi pour les personnes âgées et l'autre moitié pour réduire le trou de la Sécu», résume Luc Broussy. «Ce qui est grave c'est que les Français ont cru que l'argent de leur travail serait un supplém ent pour les personnes âgées. Ce n'est pas complètement le cas.»

Enjeux. Pour ce responsable, l'effort financier est certes «conséquent». Mais il ne suffit pas. «Si on a les millions et qu'on ne trouve pas d'aides-soignantes et d'infirmiers à embaucher, cela ne sert à rien. Le problème est de mener des actions extrêmement incitatives pour que les jeunes embrassent ces carrières.» Mais, surtout, cette politique est très en deçà des enjeux à venir. «Aujourd'hui, il y a un million de personnes de plus de 85 ans et le plan est déjà limite. Or, d'ici cinq ans, il y en aura 450 000 de plus», s'inquiète encore Luc Broussy. 10 000 places dans les maisons de retraite seront ainsi financées à l'horizon 2007 quand il en faudra 40 000 selon toutes les études. Sans parler de l'encadrement. «En France, il y a quatre professionnels pour dix personnes â gées, huit en Allemagne, beaucoup plus en Suisse en Suède, aux Pays-Bas», a martelé hier Pascal Champvert. Il va rencontrer cette semaine Catherine Vautrin, la nouvelle secrétaire d'Etat aux Personnes âgées, pour lui rappeler la nécessité d'un véritable «plan Marshall» : «Son prédécesseur Hubert Falco était ministre délégué, c'est un vrai recul symbolique, signe de la difficulté pour les personnes âgées de se constituer en lobby.» «Notre devoir est de remettre la France au meilleur niveau européen pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes», assurait pourtant Raffarin le 9 novembre 2003. Un an après, on en est très loin.

 

 

puce_little_metal_01La loi sur l'école fait grincer des dents

19/11/2004 PARIS (AFP - 13:05)

Le projet de loi sur l'école exposée jeudi par le ministre de l'Education nationale, François Fillon, fait grincer des dents la gauche politique et syndicale qui dénonce vendredi un texte "rétrograde" et qui ne semble aucunement convaincue par sa présentation.

"Je préconise une réforme du bac car notre système est trop compliqué, il nécessite une organisation de plus en plus périlleuse à mettre en place et raccourcit l'année scolaire de deux ou trois semaines", a déclaré le ministre, à l'émission "100 minutes pour convaincre" de France 2, en précisant que six des douze épreuves se feraient en contrôle continu.

La future loi, qui, selon le ministre devrait au moins "coûter 2 milliard d'euros supplémentaires (...) si on fait tout ce qui est préconisé dans ce texte", devrait être votée avant le printemps par le Parlement pour s'appliquer à la rentrée 2006.

Il a annoncé le "recrutement de 150.000 enseignants sur 5 ans" pour compenser les nombreux départs à la retraite (40% des effectifs), ainsi que la création de 1.500 postes d'infirmières en collège.

Le ministre a également insisté sur la nécessité de faire "un énorme effort pour que les jeunes parlent anglais", avec un apprentissage dès l'école primaire.

L'innovation principale du texte est l'institution d'un "socle commun de connaissances" à maîtriser en fin de scolarité obligatoire. L'acquisition de ce socle, dont l'apprentissage démarre dès la dernière année de maternelle, sera évaluée à trois reprises: en début de CE2, en début de 6e et en fin de classe de 3e. Le brevet de fin de collège est par ailleurs rénové.

François Fillon a en outre insisté sur la nécessité de "restaurer l'autorité" des profs, notamment en leur donnant le dernier mot en matière de redoublement, et sur la "priorité asolue" à donne à la lutte contre la violence scolaire.

Le projet prévoit aussi de faire assurer le remplacement des enseignants pour les absences de moins de trois semaines, dans le cadre des établissements, à concurrence de 72 heures par an, moyennant le paiement d'heures supplémentaires majorées.

"100 minutes... pour ne pas convaincre", a ironisé vendredi le SNUipp-FSU, principal syndicat d'enseignants des écoles, résumant le sentiment des autres organisations enseignantes comme des politiques.

Globalement, ils reprochent au projet son "manque d'ambition" ou sa "conception rétrograde", parfois même les deux à la fois et souvent, ils accusent le ministre de l'Education nationale de "démagogie masquant un autoritarisme réactionnaire".

Du côté du Parti socialiste, l'ancien ministre de l'Education, Jack Lang parle d'un "étrange mélange de mesures modestes et contradictoires, voire rétrogrades". A ce propos, il évoque le redoublement observant que "toutes les études internationales montrent que cela aboutit à l'échec". Cette opinion est d'ailleurs unanimement reprise par les syndicats de professionnels de l'enseignement.

De même, Dominique Strauss-Kahn évoque une "absence de ligne directrice et de moyens", critique, elle aussi, reprise par les syndicats. Quant au porte-parole pour l'éducation du PS Yves Durand, il dénonce le caractère "démagogique" et "réactionnaire" du projet, traitant le socle commun de connaissances à maîtriser en fin de collège de "sous-minimum scolaire".

Cette analyse est reprise par le PCF ("loi de renoncement où l'école ne sera plus qu'un instrument d'adaptabilité professionnelle") et par la LCR. Plus virulent encore, Olivier Besancenot affirme: "loi d'exclusion répondant aux exigences du patronat" et ajoute: "Fillon ne veut pas résorber l'échec, il l'entérine et l'encadre".

On trouve le même son de cloche chez les praticiens et usagers de l'Education. Les deux grandes fédérations de parents d'élèves marquent leur opposition: "Quand on parle d'avenir et qu'on parle de redoublement et d'autorité, on n'est pas dans un système de rénovation mais de retour en arrière", dit la FCPE tandis que la Peep se déclare "consternée" et déplore "le mépris total affiché pour les parents".


Les lycéens de la Fidl évoquent un "retour à l'école des grands parents" et déclarent leur hostilité totale à l'introduction d'un contrôle continu au bac, facteur d'inéquité ("Demain le bac Henri IV et le bac Sarcelles!"). La Ligue de l'enseignement (55.000 associations d'éducation populaire) parle de "conservatisme patelin".

A des nuances près, les organisations syndicales (FSU, Unsa, Sgen-CFDT, CGT, FO) se placent sur la même ligne. "Manque de souffle", "mesures éparses et décousues", juge l'Unsa qui toutefois approuve, -elle est la seule-, une modernisation du bac.

Tous les syndicats enfin se félicitent d'un rappel des grands principes de la loi Jospin de 1989: "100% d'une classe d'âge qualifiée, 80% au niveau bac et 50% diplôme du supérieur". "On craignait le pire, on l'a évité", dit le Sgen-CFDT. Ils reconnaissent toutefois craindre que ce ne soit "que des mots", que ses principes soient "affadis" ou même "détournés". Ainsi, la FSU comme le syndicat FO de l'enseignement redoutent que la +qualification+ pour tous se limite pour certains à un "Smic culturel".

 

puce_little_metal_01Les maires sont mécontents

FR3 - Bertrand LEROSSIGNOL - Publié le 17/11 à 14:07 

Lors du Congrès des maires de France, le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin a été froidement accueilli. Des tracts circulaient contre la suppression du Lundi de Pentecôte, mais le mécontentement porte, aussi, décentralisation avec plus de compétence mais moins de moyens, la disparition des services publics dans les petites communes.

Pourtant Jean-Pierre Raffarin a bien tenté de détendre l'atmosphère avec quelques boutades, formules de grand communicant,mais il n'a pas réussi à détendre l'atmosphère pesant de l'assemblée. Le gouvernement thésaurise les griefs des maires des 36 000 communes de France. L'annonce, qui est resté un effet d'annonce, la suppression de la taxe professionnelle et de la taxe sur le foncier non bâti. Là où le courroux est important de la part des maires à l'encontre du gouvernement, décideur en matière de maintien des services publics. Les maires des communes rurales n'ont plus le miniomum des services, les recettes des impôts sont parties depuis belle lurette, les bureaux de poste deviennent parcimonieux. Or la ruralité est empreinte dans une régression, le monde rural vieillit, dans les communes les personnes âgées restent présentes dans les lieux où elles ont longtemps vécu. Or la Poste est essentielle pour ces personnes, elles n'ont pas la possibilité de se d&éplacer d'une commune vers le canton, elles utilisent les services financiers de la Poste, faute d'agence locale bancaire, le moindre courrier devient un sujet d'angoisse quant à son expédition. Afin de tenter de maintenir le "service public minimum", les habitants des communes revendiquent ce service, les maires tentent de conserver ce type de services. Alors dans les communes rurales fleurissent des commerces dit de "multi-service". La multiplication des services est exponentielle, car la désertification est évidente, très mal supportée. Même si le Premier ministre explique avoir des obligations de bon gestionnaire afin de redresser les finances du service public de La Poste. Selon M.Raffarin, s'il n'avait pas mis en place un plan drastique de gestion, le service public ne serait plus en fonction, ou le serait-il encore mais avec un déficit astronomique, selon le Premier ministre. Alors les initiatives communales de maintien d'un minimum de service public est bien venue, mais elle devient une charge supplémentaire pour les municipalités. Toutes n'ont pas un budget suffisant pour assurer la création d'un point Poste. Alors la disparition des services publics est vécue comme une fuite, la ruralité serait pestiférée.

 

puce_little_metal_01 Polémique en Allemagne autour d'un jour férié pour les musulmans

AFP - 17/11 09:34 

Une virulente polémique secouait mercredi l'Allemagne autour de la proposition d'instaurer un jour férié pour les musulmans, soutenue par deux ténors des Verts, parmi lesquels le ministre de l'Environnement Juergen Trittin.

"Par la barbe du prophète, envoyez Trittin dans le désert!", tempête en Une le journal le plu lu du pays, Bild, avec un photomontage présentant le ministre avec barbe blanche et turban. Plus loin, le journal estime que "le ministre vert est complètement fou" et publie un autre photomontage présentant une foule de musulmans agenouillés pour la prière devant le Reichstag, siège de la chambre des députés.

En se disant "ouvert à un jour férié musulman en Allemagne" à la condition que "les musulmans et la communauté musulmane se mettent d'abord d'accord", le ministre est allé dans le même sens qu'une figure de l'aile gauche des Verts, le député Christian Stroebele. Ce dernier a proposé mardi dans le quotidien Die Welt qu'on remplace un jour férié chrétien par un jour férié musulman, par exemple vers la fin du Ramadan.

Même si le député a entretemps précisé que sa proposition ne devait pas être comprise "comme une concurrence" pour les fêtes chrétiennes, une grande majorité de la classe politique allemande a clairement rejeté l'idée.

L'idée est déplacée, a condamné au nom des sociaux-démocrates, partenaires des Verts au gouvernement, le ministre de l'Intérieur Otto Schily, selon lequel "nous avons encore plutôt trop que pas assez de jours fériés".

Chez les Verts eux-mêmes, la chargée d'Affaires du gouvernement à l'Intégration Marieluise Beck a estimé qu'il ne s'agissait pas d'une "idée intelligente", précisant qu'il n'existait "dans aucune région d'Allemagne une majorité musulmane".

"En toute tolérance et respect : l'Allemagne est un pays aux racines occidentales et chrétiennes", a dit de son côté la présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU, opposition conservatrice) Angela Merkel.

"Il ne viendrait à l'idée de personne, dans un pays arabe, d'introduire un jour férié chrétien", a renchéri la présidente du Conseil d'experts pour l'immigration et l'intégration Rita Suessmuth (CDU).

La proposition a en revanche bénéficié d'un accueil favorable auprès de certains représentants de la communauté musulmane et turque.

"Nous, les musulmans, sommes partie prenante de la société. Quand on accorde de l'importance aux droits des minorités, un jour férié musulman tombe sous le sens", a déclaré le secrétaire général de l'Union des associations culturelles turques islamiques en Europe, Askar Mahmut, cité dans Bild.

Quelque 3,5 millions de musulmans vivent en Allemagne, parmi lesquels une grande majorité de Turcs, pour une population globale d'environ 80 millions de personnes.

 

 

puce_little_metal_01Levée de boucliers pour Sud Éducation et la CGT-FO

Clic@noo, 13 nov 2004

Les syndicats Sud éducation et CGT-FO dénoncent la décision du gouvernement de faire du lundi de Pentecôte un jour travaillé. Pour Sud éducation, “l’affaire du lundi de Pentecôte 2005” constitue une “fumisterie dont l’objectif est de galvauder la notion de solidarité.” Le syndicat ne comprend “toujours pas en quoi une journée de classe supplémentaire améliorerait la situation des anciens”. Il aurait aimé être informé à temps de ce choix afin de pouvoir “déposer un préavis de grève dans les délais légaux le cas échéant. Nous voudrions user de ce droit tant qu’il est encore reconnu. C’est à notre avis le meilleur geste de solidarité que nous pourrons réaliser à l’égard de nos glorieux anciens qui se sont battus pour la conquête des droits sociaux”.

Pour la confédération FO-CGT, “la suppression d’un jour férié est une mesure qui participe au plan de démantèlement des systèmes de protection sociale mis en œuvre par le gouvernement et contre lequel les salariés se sont dressés par milliers au printemps 2003. (…) C’est le gouvernement et non les salariés qui porte l’entière responsabilité des événements dramatiques de l’été 2003 par les restrictions budgétaires, les fermetures de services et d’hôpitaux.” Elle demande donc le rétablissement du lundi de Pentecôte comme jour férié.

 

 

puce_little_metal_01Le premier ministre, qui intervenait hier soir sur France 2, s'est efforcé de convaincre les Français que «d'ores et déjà, ça va mieux»

Raffarin veut réduire le chômage de 10% en 2005

Le Figaro [11 novembre 2004] 

Hier sur France 2, Jean-Pierre Raffarin a averti ses ministres : «S'il y en a qui sont mal à l'aise, j'accepterai leur démission.»

«Je prends assez de critiques, alors quand il y a des points favorables, laissez-moi les souligner.» En dépit d'une situation précaire au regard de l'opinion, Jean-Pierre Raffarin a délibérément voulu placer son entretien d'hier soir, sur France 2, sous le signe de l'optimisme, de la «bonne humeur» même, qu'il a revendiquée dans son «contact avec les Français».
 
Avant d'entrer dans les dossiers français, c'est avec gravité qu'il a commenté l'actualité internationale pour rappeler, à propos de la Côte d'Ivoire, qu'«on ne tue pas des soldats français impunément», et inviter, à propos d'Arafat, «à respecter les dernières heures d'un homme qui s'avance vers sa mort».
 

Changement de ton : Raffarin affiche alors le sourire pour marquer l'optimisme qu'il nourrit sur les perspectives de l'emploi. Le regard et le doigt pointé vers la caméra, le premier ministre a pris «l'engagement devant les Français» de faire reculer le chômage de 10% l'année prochaine, le ramenant ainsi sous la barre des 9%, au lieu des 9,9% d'aujourd'hui. Et de marteler : «2005 sera l'année où le chômage baissera de manière significative et durable». Dans son élan, il assure même «s'engager sur des résultats et non sur des objectifs !»
 

Le retour de la croissance est la première source de sa confiance, «la France est en tête de toute la zone euro», mais Raffarin ne veut pas laisser croire qu'il n'est pour rien dans ce revirement annoncé. La baisse du chômage sera donc aussi le fruit de l'action de son gouvernement : des contrats sans charge, mis en place en 2002 par François Fillon, des contrats d'avenir, prévus par le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo, ou encore de l'«accompagnement personnalisé» qui se mettra en place grâce aux «maisons de l'emploi», et du doublement qu'il espère du nombre des apprentis. Son but : que les 300 000 offres d'emploi aujourd'hui non satisfaites trouvent preneur.
 

Persuadé que le facteur psychologique est le premier signe du climat économique, il a donc voulu convaincre les Français que «d'ores et déjà, ça va mieux». A défaut de «baguette magique», il a promis la reconduction de la prime de Noël, pour un million et demi de personnes, qu'il calcule toujours en francs, près de trois ans après le passage à l'euro...
 

La réforme de l'école est l'autre grand dossier abordé par Jean-Pierre Raffarin au cours de Question ouverte. «Une grande réforme par an», c'est le rythme auquel il se tient, a-t-il rappelé en substance à ceux qui déplorent que sa détermination se soit brisée sur les échecs électoraux du printemps dernier. Il y a eu les retraites, la décentralisation, l'assurance-maladie. Voici venu le temps du quatrième chantier, celui de l'école, donc. Ce n'est qu'à la fin de l'année que seront connues les décisions concrètes. Hier soir, le chef du gouvernement s'en est tenu aux grands principes qu'il avait déjà annoncés le 12 octobre, lors de la remise du rapport Thélot. «La réforme répond au besoin de lutter contre l'échec scolaire», a-t-il prévenu, grâce à une meilleure évaluation et une meilleure orientation des élèves, qui devront tous obtenir un «certificat des savoirs fondamentaux», et dont les plus en difficultés bénéficieront d'un «parcours personnalisé». Au passage, il a confirmé que les élèves, comme la plupart des Français, travailleraient désormais le lundi de Pentecôte. «Je ne souhaite pas que l'on multiplie les exceptions.»
 

Sur ce long feuilleton fertile en rebondissements, on sentait Raffarin piqué au vif, avide de justifier sa méthode de gouvernement : «Je ne danse pas la samba. Je ne recule pas, j'écoute. Mais quand j'ai décidé, ça s'applique.»
 

Une nouvelle fois, donc, le premier ministre a voulu rappeler sa détermination et son autorité. Cela se sentait à son ton. Et au message cinglant qu'il a envoyé à ses critiqueurs : «J'entends beaucoup de rumeurs anonymes, mais je n'ai jamais vu personne venir dans mon bureau pour me dire : ça ne va pas, tu dois partir.» Et s'il se niche quelques ministres parmi ces pourfendeurs sans franchise, la porte est grande ouverte : «S'il y en a qui sont mal à l'aise, j'accepterai leur démission.» Sans regrets.
 

Démissionnaire contraint, dans moins de trois semaines, Nicolas Sarkozy n'a pas non plus eu droit à beaucoup de regrets. Si Gilles Leclerc lui a arraché que son futur ancien ministre de l'Intérieur puis des Finances avait «du talent», le premier ministre solde son action en concédant : «Il a apporté beaucoup, je crois.»
 
«En paix avec sa conscience», prêt à rester «tant qu'on estimera que ce travail est utile», Raffarin a hâte de retrouver son cher «carré magique» dans lequel, entre le président, le premier ministre, la majorité et l'UMP, «tout le monde s'entend». Même l'avenir politique, Raffarin voulait hier le voir en rose.

Guillaume Tabard

 

 

puce_little_metal_01Le premier ministre : "Je ne fais pas la samba. Quand je décide, ça s'applique"

LE MONDE | 11.11.04 | 14h06

Au cours de son entretien télévisé, il s'est attaché à démontrer sa fermeté et s'est félicité de son bilan à Matignon.

A ceux qui lui reprochent son manque d'autorité, Jean-Pierre Raffarin a opposé, mercredi soir, cette formule : "Je ne suis pas pour l'autoritarisme, je suis pour la fermeté." Sur France 2, le premier ministre, en proie à une impopularité persistante dans les sondages, s'est appliqué à donner les gages d'une sérénité renouvelée.

S'il n'ignore pas que certains de ses ministres le critiquent, il a affirmé : "Personne n'est entré dans mon bureau pour se plaindre : "Toc, toc ; le premier ministre n'est pas bon, tu devrais partir"", invitant à "se méfier des rumeurs". "S'il y a des gens qui se sentent mal à l'aise, j'accepterai leur démission", a-t-il ajouté, avant de préciser : "Il y a des pur-sang dans mon équipe. Il faut les manager avec subtilité."

Au cours d'un entretien d'environ vingt-cinq minutes qui lui a permis d'aborder la plupart des sujets d'actualité, du Proche-Orient à l'éducation, le premier ministre s'est attaché à démontrer une assurance d'autant plus grande qu'il semble persuadé que l'heure de son départ approche. S'il n'en a rien dit mercredi, il envisage à voix haute, depuis quelques semaines, un remaniement d'importance, qu'il situe "au printemps" et qui pourrait aller jusqu'à son propre remplacement (Le Monde du 8 novembre). Mardi, devant les étudiants de l'Ecole des hautes études commerciales (HEC), il se promettait même un avenir hors de la politique, songeant à "d'autres perspectives, associatives ou entrepreneuriales" et promettant qu'il ne serait pas "de ceux qui courent systématiquement après un nouveau parcours politique".

Pour l'heure, il s'emploie à dissiper l'impression de confusion autour de l'action du gouvernement, contestant toute palinodie ou renoncement dans ses choix. "Je ne fais pas la samba", a-t-il protesté, affirmant en serrant le poing : "Quand je décide, ça s'applique", à propos de la suppression du jour férié du lundi de Pentecôte pour financer l'aide aux personnes âgées et aux handicapés. "J'ai écouté les uns et les autres ; je ne recule pas (...) ; la solidarité nationale, je souhaite qu'elle s'exerce ce jour-là", a-t-il déclaré, invoquant le "souvenir de la canicule" et soulignant qu'un décret de 1990 autorise néanmoins des dérogations. Avec cette précision : "Je ne souhaite pas qu'il y ait des exceptions partout."

Dans le même registre de "fermeté", M. Raffarin a justifié la riposte française en Côte d'Ivoire en affirmant avec solennité, soudain tourné vers la caméra : "On ne tue pas les soldats français impunément." Revenant à l'action du gouvernement, il s'est une nouvelle fois flatté d'un bilan positif : "Réforme après réforme, nous faisons progresser la France", a-t-il dit, sans considérer le départ programmé de Nicolas Sarkozy - du ministère des finances vers la présidence de l'UMP, le 28 novembre - comme un handicap.

Va-t-il regretter le plus populaire de ses ministres ? "Bien sûr", a-t-il répondu, vantant "le talent" de M. Sarkozy mais banalisant l'événement - ainsi que s'activent avec constance à le faire les chiraquiens. Le choix de son remplaçant à Bercy "n'a pas encore été débattu avec le président de la République", a-t-il assuré ; quant au futur dispositif de la majorité, M. Raffarin le dessine sous la forme d'un "carré" dont l'UMP et son nouveau chef ne seraient que l'un des côtés, les autres étant lui-même, le chef de l'Etat et le groupe parlementaire. "J'espère que ce sera un carré magique", a-t-il ajouté.

Outre l'emploi, auquel il a consacré l'essentiel de son intervention, il a aussi abordé la réforme de l'école. Avec le pouvoir d'achat, c'est l'une des priorités affichées dans son "contrat 2005". "Il faut répondre au besoin de lutter contre l'échec scolaire", a redit le premier ministre, déplorant que "80 000 jeunes sortent sans qualification" du système scolaire chaque année. Il a rappelé l'objectif qu'il souhaite pour chaque élève, matérialisé par un "certificat des savoirs fondamentaux" : savoir lire, écrire, compter, s'exprimer dans une langue étrangère et maîtriser l'informatique.

M. Raffarin a confirmé que la hausse du prix du gaz serait conforme à la proposition de M. Sarkozy : 3,8 %. Il a enfin rappelé ses convictions européennes et invité les Français à soutenir le projet de Constitution afin de "ne pas laisser le monde s'organiser sans l'Europe". Le premier ministre a assuré qu'il ne revendiquait pas pour lui-même la conduite de la campagne référendaire de 2005. "Je me sens un honnête homme, en paix avec ma conscience", a-t-il conclu.

Pascal Ceaux

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 12.11.04

 

 

puce_little_metal_01La suppression du lundi férié de Pentecôte entraînerait un manque à gagner d'1,3 million d'euros pour l'économie départementale du Gers.

Sud-Ouest 10/11/2004

Hier matin, à l'heure où le premier ministre recevait les recteurs d'académie, le président du Conseil général s'entourait du maire de Vic-Fezensac, du vice-président chargé des sports et des responsables du tourisme départemental. Tandis que Jean-Pierre Raffarin confirmait la suppression du lundi férié de Pentecôte (1), Philippe Martin analysait « les inconvénients et les dangers » de cette mesure.

« Il s'agit-là d'une vraie catastrophe économique, non seulement pour Vic-Fezensac et sa Pentecôtavic, mais aussi pour l'ensemble du département. » Et d'expliquer, chiffres à l'appui, que ce week-end de trois jours engendre sur le Gers une fréquentation touristique double par rapport au week-end suivant (environ 100 000 nuitées au lieu de 50 000 pour les week-ends "ordinaires"). En sortant la calculette et à raison d'environ 24 euros de dépenses par jour et par personne, cela peut même se traduire concrètement par un manque à gagner d'1,3 million d'euros pour l'économie gersoise.

« Cette perte sèche ne peut être passée sous silence », tempête Philippe Martin qui se dit « farouchement opposé » à ce choix, par ailleurs également décrié du côté de Nîmes et du Gard où les affinités sont davantage tauromachiques que politiques.

Le sport aussi. Pour sa part, Michel Sanroma n'est pas en reste quand il s'agit de défendre « l'aura que confère Pentecôtavic » à sa ville. « Pentecôtavic est aujourd'hui une identité vicoise qui ne peut s'apprécier que sur les trois jours continus. Le Club taurin continuera à mobiliser les afficionados le lundi pour remplir les arènes, mais pour combien d'années encore ? »
Alain Sorbadère évoque également le préjudice sportif : « Traditionnellement, ce week-end est placé sous le signe du sport amateur, notamment le football. Sont prévues les demi-finales de la Coupe du Midi, de la Coupe du Gers et du challenge District ainsi que les journées de championnat des jeunes. Sans oublier les nombreux tournois comme celui de L'Isle-Jourdain qui rassemble 500 jeunes joueurs. »

Au ballon rond, il faut ajouter à cette même période deux courses landaises (Aignan et Castelnau-d'Auzan), quatre concours départementaux de pétanque et un critérium national de jeux traditionnels organisé par les foyers ruraux.

Evénementiel. De son côté, Claude Bourdil, président du Comité départemental du tourisme et des loisirs, rappelle « qu'une des spécificités du Gers, c'est qu'il n'a rien à "vendre" mais le département attire le public grâce à son esprit de fête : ce sont chaque année 600 000 personnes qui viennent pour le côté événementiel. La disparition de Pentecôtavic, l'un des piliers en ce domaine, affaiblira globalement les autres points d'appel du département. Nous faisons des efforts pour l'annualisation du tourisme et Pentecôtavic est le point de départ de la saison. Si on nous l'enlève, c'est une catastrophe, un événement qui disparaît. »
Même si le recteur de l'académie de Toulouse penchait en faveur du lundi férié, cela ne suffirait pas aux yeux de Philippe Martin car le public de Pentecôtavic vient des quatre coins de France.
Reste que Jean-Pierre Raffarin attendra une évaluation de la situation sur 2005 avant de décider si, en 2006, ce sera toujours le lundi de Pentecôte qui sera consacré à la solidarité en faveur des personnes âgées dépendantes. Pour le Gers, la réponse est déjà connue d'avance...
(1) Autorisant toutefois des exceptions locales, notamment culturelles, conduisant le recteur à prendre une décision contraire.

Jean-Michel Le Blanc 

 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte: la CFTC attaque la France devant la justice européenne pour «travail forcé»

AP | 09.11.04 | 16:46

PARIS (AP) -- La CFTC va attaquer la France devant la Cour de Justice des Communautés européennes pour «travail forcé» en raison de la suppression du caractère férié du lundi de Pentecôte sans contrepartie salariale en 2005, afin de financer l'aide aux personnes âgées et handicapées.

«Le texte de loi instaurant cette journée nationale de solidarité est illégal puisqu'on va obliger les salariés à travailler une journée de plus sans rémunération supplémentaire, c'est-à-dire gratuitement» a déclaré mardi à l'Associated Press Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la Confédération française des travailleurs chrétiens.

«C'est tout simplement du travail forcé, obligatoire, prohibé par les textes européens et internationaux signés par la France. C'est le retour à ce qu'au moyen-âge, on appelait la corvée» a-t-il ajouté.

Il a précisé que le recours sera déposé «avant la fin de l'année, le temps de finaliser le dossier». Selon M. Thouvenel, «plusieurs juristes nous ont fait savoir que nous avions des chances d'aboutir».

Mardi, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a confirmé aux recteurs d'académie réunis à Matignon que le lundi de Pentecôte ne sera plus férié en France en 2005, sauf en cas d»'exception culturelle locale».

«La décision que le Premier ministre a annoncée aux recteurs est très claire: c'est le lundi de Pentecôte qui désormais ne sera plus férié dans notre pays», a déclaré le ministre de l'Education nationale François Fillon mardi à l'issue de la réunion.

La principe de la suppression d'un jour férié pour financer la journée de solidarité en faveur des personnes dépendantes a été décidé après la canicule de l'été 2003. La loi instaurant cette journée de travail supplémentaire a été adoptée fin juin dernier. AP

 

 

puce_little_metal_01La CTFC dépose un recours auprès de la Cour de Justice Européenne - Le CAL s’associe pleinement à cette initiative.

Service presse CFTC, Paris, le 9 novembre 2004.

La CFTC va porter l’affaire de la suppression du caractère férié du lundi de Pentecôte devant la Cour de Justice des Communautés européennes estimant que faire travailler des salariés sans les rémunérer correspond au travail forcé prohibé par les textes tant européens qu’internationaux ratifiés par la France.

Le travail forcé étant un travail obligatoire sans rémunération en contrepartie. Cette interprétation ressort, notamment, des différentes déclarations des ministres concernés et des débats parlementaires.

Contact presse : Joseph Thouvenel 06 80 06 55 54

 

 

puce_little_metal_01PAR ORDRE DE RAFFARIN, LES ÉCOLIERS TRAVAILLERONT LE LUNDI DE PENTECÔTE

Reuters, 9 novembre 2004, 13h03

PARIS (Reuters) - Jean-Pierre Raffarin a confirmé mardi aux recteurs d'académie que le lundi de Pentecôte 2005 serait travaillé dans tous les établissements scolaires pour financer l'aide aux personnes dépendantes, "sauf exception culturelle locale".

Le chef du gouvernement avait réuni à Matignon les recteurs d'académie pour faire le point sur quatre thèmes : l'application du plan de cohésion sociale dans l'éducation nationale, la préparation d'une nouvelle loi d'orientation pour l'école, le point sur l'application de la loi sur la laïcité et le "jour national de solidarité" en faveur des personnes âgées.

"La décision que le Premier ministre a annoncée aux recteurs est très claire", a rapporté le ministre de l'Education, François Fillon, à l'issue de la réunion. "C'est le lundi de Pentecôte qui désormais ne sera plus férié dans notre pays, dans toutes les académies de France, sauf quand (...) une exception culturelle locale conduirait le recteur à prendre une décision contraire."

L'académie de Montpellier a ainsi mis en avant le cas du département du Gard et de la Feria de Nîmes, organisée pendant le week-end de Pentecôte et importante attraction touristique.

Une évaluation sera d'autre part conduite en 2005 "pour voir comment les choses se sont passées et décider si en 2006 ce sera toujours le lundi de Pentecôte qui sera le jour férié consacré à la solidarité", a également confirmé François Fillon.

 

 

puce_little_metal_01Le lundi de Pentecôte fait débat

08-11-2004 - journal La Croix

Le premier ministre, qui reçoit mardi 9 novembre les 28 recteurs, doit arbitrer le choix du jour férié désormais travaillé. Même si le lundi de Pentecôte n'a plus de signification liturgique, les évêques auraient préféré une autre solution que sa suppression.

«Y aura-t-il classe le 16 mai 2005, lundi de Pentecôte ?» Voilà la question qu’il ne faut plus poser au ministère de l’éducation. Au cabinet de François Fillon, on renvoie vers Matignon. «Le ministre a suffisamment avalé de couleuvres dans cette affaire, que Raffarin se débrouille», lance un conseiller du ministre agacé. En septembre, François Fillon avait dû démentir son annonce du lundi de Pentecôte travaillé dans toutes les écoles de France. Sur injonction de Matignon, liberté était rendue aux recteurs d’académie de faire des propositions en fonction du contexte local.

Après consultation des décideurs locaux, un tiers des académies propose, pour 2005, un autre jour de solidarité. Jean-Pierre Raffarin, qui reçoit ce mardi 9 novembre les 28 recteurs, doit directement arbitrer. Techniquement, la solution se précise. Un arrêté sera bientôt publié pour rappeler le principe général du lundi de Pentecôte travaillé. Puis le texte renverra à un décret de 1990 qui donne compétence aux recteurs pour procéder «à des adaptations du calendrier scolaire national rendues nécessaires […] par des circonstances susceptibles de mettre en difficulté, dans un établissement, dans un département ou dans une académie, le fonctionnement du service public d’éducation».

Concrètement, l’arbitrage est beaucoup plus délicat. Pour l’académie de Montpellier, l’organisation de la «Feria» de Nîmes devrait emporter le régime dérogatoire. Mais qu’en sera-t-il d’une académie comme l’Alsace ? Pour le député du Haut-Rhin Jean-Louis Christ (UMP), cette région présente «le tissu associatif le plus dense de France. Plusieurs milliers de manifestations sont organisés à la Pentecôte. Cette circonstance justifie de déroger.»

Critères lisibles

D’autres élus estiment que la forte activité touristique de certaines régions est une bonne raison de faire exception. Le premier ministre va donc devoir fixer des critères lisibles pour ne pas attiser les jalousies. En lançant cette idée de journée de solidarité, Jean-Pierre Raffarin a, sans le vouloir, ouvert l’un des dossiers les plus inextricables de l’école, celui des rythmes scolaires, tant les intérêts des élèves, des familles, des enseignants, des entreprises, des associations ou des cultes divergent.

Pour la FCPE, première fédération de parents d’élèves, la possibilité de déroger va «favoriser l’absentéisme des élèves». Lucette Rabiller, secrétaire générale de la Peep, rappelle que la Pentecôte est l’occasion de «retrouvailles familiales. Si les jours fériés ne coïncident pas à l’école et dans le monde de l’entreprise, cela va poser un problème aux familles.»

Secrétaire national du Snes (FSU), Bernard Boisseau résume la circonspection des enseignants : «Nous n’étions pas favorables au lundi de Pentecôte. Mais si la règle est maintenue, qu’au moins elle soit la même pour tout le monde.» Écoles fermées ou écoles ouvertes ? Les familles risquent pourtant bien d’avoir du mal à s’y retrouver. Dans l’enseignement catholique, qui scolarise deux millions d’élèves, on signale pour l’heure qu’aucune consigne nationale ne sera donnée. La loi donne obligation à l’enseignement privé sous contrat de respecter des volumes annuels d’heure d’enseignement mais lui laisse la liberté des rythmes scolaires.

Bernard GORCE

 

 

puce_little_metal_01Face au tollé, l'Allemagne renonce à supprimer le jour férié du 3 octobre

BERLIN, 5 nov (AFP)

L'Allemagne a renoncé vendredi à supprimer le jour férié du 3 octobre, anniversaire de la Réunification, un jour à peine après l'annonce de ce projet hautement symbolique, en raison de la vive polémique suscitée par la mesure.

"Je ne vais pas donner suite à la proposition concernant la fête nationale", a affirmé le président du Parti social-démocrate (SPD), Franz Muentefering.

A Bruxelles, où se tient un sommet européen, le chancelier Gerhard Schroeder a reconnu n'avoir pas trouvé de majorité pour soutenir le projet de son ministre des Finances, Hans Eichel. M. Muentefering a rejeté la responsabilité de cet abandon sur les Verts, partenaires de la coalition gouvernementale, et opposés à la mesure. Elle nécessitait en effet l'aval des députés du Bundestag, contrôlé par les sociaux-démocrates et les Verts, avant de pouvoir entrer en vigueur.

Mais la volte-face gouvernementale est totale. Pas plus tard que vendredi matin dans les colonnes du quotidien populaire Bild, M. Schroeder défendait encore le choix de renoncer à ce jour férié.

Le gouvernement avait annoncé jeudi vouloir supprimer "le jour de l'unité" comme jour férié et déplacer les célébrations au premier dimanche du mois.

La mesure faisait partie d'un paquet visant à boucher un trou de 10 milliards d'euros dans les comptes publics et ramener leur déficit l'an prochain sous la barre de 3% du PIB contenue dans le Pacte de stabilité européen. Selon des experts, l'abandon de ce jour férié aurait pu rapporter 0,1 point de croissance. C'est maigre par rapport au symbole auquel le ministre des Finances, tout occupé à combler "les trous" de son budget, s'est attaqué. Et ce à quelques jours du quinzième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre

"Pauvre Allemagne qui pense que nous ne pouvons plus nous permettre d'avoir un jour férié qui commémore pourtant l'un des événements les plus importants de notre Histoire", s'était lamenté le président de la Fédération allemande des syndicats DGB, Michael Sommer, peu après l'annonce.

Même le président allemand Horst Koehler avait plaidé pour le maintien d'un jour "important pour l'avenir de notre pays" en tant que "symbole de la Réunification de l'Allemagne dans la paix et la liberté". "Notre pays doit avoir la possibilité de pouvoir exprimer sa joie sur l'unité retrouvée de l'Allemagne", argumentait le président conservateur.

La fête nationale célèbre l'anniversaire de la Réunification du pays le 3 octobre 1990. Même si elle ne donne pas lieu à d'imposantes festivités, elle est devenue symbolique pour des Allemands très réticents depuis la Seconde Guerre mondiale à manifester des signes d'appartenance nationale.

D'ailleurs 67% des Allemands se déclaraient pour le maintien du 3 octobre comme fête nationale, selon un sondage de TNS Infratest pour l'hebdomadaire der Spiegel.

L'opposition à ce projet était d'autant plus vive que certains ont accusé le gouvernement allemand d'avoir choisi de supprimer le 3 octobre pour des raisons de tactique politique. L'abandon d'un autre jour férié, comme par exemple la Pentecôte en France, aurait nécessité le feu vert du Bundesrat, la Chambre haute du Parlement où l'opposition conservatrice est majoritaire.

 

 

puce_little_metal_01Raffarin constitue un «comité d'évaluation» pour trancher la querelle sur le lundi de Pentecôte

AP | 02.11.04 | 17:53

PARIS (AP) -- Jean-Pierre Raffarin veut en finir avec la querelle sur le lundi de Pentecôte à l'école. Le Premier ministre a donné son accord mardi à la création d'un «comité d'évaluation» pour mesurer l'impact de la suppression de ce jour férié dans l'Education nationale pour financer l'aide aux personnes âgées et handicapées, a annoncé le député UMP Jean Leonetti après avoir été reçu à Matignon.

Le Premier ministre «a accepté et proposé que nous mettions en place un comité d'évaluation, qui comprenne des députés, mais aussi des professionnels du tourisme, de l'économie, du monde associatif et du monde éducatif pour essayer d'évaluer de la façon la plus objective possible les répercussions» de la suppression du lundi de Pentecôte dans l'Education, a indiqué M. Leonetti, reçu à Matignon dans la matinée avec cinq autres députés, dont quatre UMP et un UDF.

Une fois ses travaux achevés, ce comité proposera, soit d'entériner la suppression du lundi de Pentecôte à l'école avec une possibilité de dérogation en fonction des académies, «soit une autre proposition». Inquiets pour certains événements touristiques ou associatifs tels que la feria de Nîmes, les députés de la majorité ont proposé de supprimer plutôt un jour des vacances scolaires de la Toussaint. Une idée que ne rejette pas a priori le Premier ministre. «Il ne s'est déclaré hostile à aucune solution», ajoute M. Leonetti.

Pour l'année 2005, Jean-Pierre Raffarin a souligné aux députés que c'est le lundi de Pentecôte qui sera supprimé par défaut dans l'Education. Mais il leur a précisé qu'un décret de 1990 autorisera les recteurs d'académie à y déroger et choisir un autre jour chômé. Le Premier ministre a souligné qu»'on est un peu au pied du mur: les vacances de Toussaint sont passées, et donc il faut prendre une décision pour l'année qui vient et que, compte tenu des retours qu'il avait, c'était le lundi de Pentecôte» qui serait travaillé, «sauf dérogation des recteurs», a rapporté M. Leonetti.

Quelle que soit la proposition finale du comité, le chef du gouvernement a insisté sur «l'idée forte que l'Education nationale a un effet d'entraînement important sur l'ensemble du monde économique, salarial et même public», a conclu le vice-président du groupe UMP.

C'est la loi du 30 juin 2004 qui a institué une «journée nationale de solidarité», via la suppression d'un jour férié, pour financer l'aide aux personnes dépendantes. Cette mesure avait été décidée après la canicule de l'été 2003. Alors qu'il envisageait à l'origine de supprimer le lundi de Pentecôte, le gouvernement avait été obligé de revoir sa copie sous la pression des députés UMP.

Au final, la loi prévoit que les partenaires sociaux seront libres de supprimer le lundi de Pentecôte, un jour de réduction du temps de travail ou de répartir sept heures de travail supplémentaires sur l'année, dans le public comme le privé. Faute d'accord avant le 31 décembre, le lundi de Pentecôte sera supprimé par défaut. Dans l'Education, la question a donné lieu à une certaine cacophonie entre François Fillon et Jean-Pierre Raffarin, ce dernier semblant plutôt partisan de laisser la liberté de choix aux recteurs. AP